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Jeunes filles victimes de violences sexuelles

Droits de l’homme – 14% des jeunes filles victimes de violences sexuelles - 05.03.2015

Des chiffres qui font froid dans le dos. Selon le rapport de l’Unicef lors de l’inauguration du premier service de prise en charge intégrée des enfants victimes de violences sexuelles au sein de l’hôpital de Befelatanana, les violences sexuelles concernent 14% des jeunes filles de 15 à 19 ans, une jeune fille malgache sur deux est mariée ou vit en concubinage avant l’âge de 18 ans et les grossesses précoces touchent une fille sur trois à Madagascar. La grossesse précoce et non désirée ont pourtant des conséquences graves telles les complications liées à la grossesse ou à l’accouchement principale cause de décès chez les filles de 15 à 19 ans. Aussi sur dix femmes qui meurent par jour suite à des causes liées à l’accouchement, trois sont des adolescentes de moins de 19 ans.
Pour la première fois à Madagascar, les victimes de violence sexuelle peuvent désormais bénéficier dans un unique endroit de la prise en charge médicale par les médecins, la prise en charge psychosociale par les assistants sociaux et être entendus par les officiers de la police judiciaire. « Les victimes ne sont plus contraintes de courir d’un service à l’autre pour être entendues et prises en charge. Auparavant, l’enfant victime devait aller dans des endroits différents et éloignés, pour la prise en charge médicale, psychosociale et judiciaire, par les forces de l’ordre. Ouvert 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, le service reçoit aussi bien les filles que les garçons et garantit une discrétion totale, nécessaire pour protéger les victimes », a expliqué Hery Rakotovao Andrianam­panalinarivo, Directeur du centre hospitalier de Befela­tanana.
Vonjy Radasimalala

Santé de la "reproduction" – Les victimes de viols mieux prises en charge

Docteur Eulalie Razafindranazy, lors de sa pre´sentation d'hier, a` l'INSPC Mahamasina

14.03.2015 |

Quatre-vingt-trois médecins du ministère de la Santé sont formés pour la prise en charge des victimes de viol. Cinq cent treize cas traités sont des jeunes mineurs.

L’ampleur de la violence sexuelle inquiète aussi bien la population que les autorités. Le ministère de la Santé Publique, appuyé techniquement et matériellement par l’Unfpa, a initié un programme de formation des médecins, pour la prise en charge des victimes de viol. Quatre-vingt trois médecins sont actuellement spécialisés dans ce domaine. Ils sont répartis dans quatre régions, notamment Anala­manga, Vatovavy Fitovinany, Matsiatra Ambony et Atsimo Atsinanana.
La prise en charge d’un cas de viol va du médical au judiciaire, d’après la docteure Eulalie Razafindranazy, responsable du programme Traumatisme et Violence, au sein du service de la protection des personnes vulnérables, dans la direction de la lutte contre les maladies non transmissibles, auprès du ministère de la Santé Publique. « Les médecins donnent les premiers soins à la victime. Ils font des examens et procèdent à des prélèvements de vêtements, de taches, du liquide séminal de l’auteur sur la victime. Tout ceci servira de preuves, quand la victime  porte plainte. La prise en charge dure au moins une heure et se fait dans la confidentialité. Même la personne qui accompagne la
victime doit-être du même sexe qu’elle », avance-t-elle.
Avortement
C’était hier, lors de la célébration de la journée de la femme, organisée par le groupe de travail en Genre de l’USAID, et ses collaborateurs, à l’Institut National de la Santé Publique et Com­munautaire (INSPC) à Maha­masina. La violence sexuelle est alarmante, d’autant plus que la plupart des victimes ignorent où aller en pareille circonstance. De source auprès de l’Hôpital Universitaire de Gynécologie Obstétrique de Befelatanana (HUGOB), cinq cent cinquante-et-un cas de viols ont été pris en charge en 2014, soit plus d’un cas par jour. Sur ces cas, cinq cent treize concernent des victimes de la tranche d’âge de moins de 18 ans, dont les deux cent soixante trois cas sont âgés de 5 à 14 ans.
L’impact d’une violence sexuelle est lourd pour la victime. Les médecins notent l’hospitalisation de celle-ci, la grossesse, les maladies sexuellement transmissibles (MST), les troubles psychologiques comme les troubles du comportement, les troubles mentaux ou la tentative de suicide. « Sur les cinq cent cinquante-et-un cas pris en charge, cinquante cinq cas de grossesse proviennent du viol, soixante quatre cas de MST ont survenu et la plupart des victimes sont atteintes de troubles psychologiques », confie la source auprès de la maternité Befelatanana.
Malgré la douleur de la grossesse non-désirée, la prise en charge des médecins exclut l’avortement. La docteure Eulalie Razafindranazy souligne que seule la Justice peut en décider.